Le ciel hurle, je me bouche les oreilles
J’ai soif, j’ai faim et ma rage est insensée
Pendant ce temps le lac immobile refléte le vide de l’espace sans le moindre jugement, laissant même un filet d’air le troubler.
J’ai donc pris un chemin qui ne mène nulle part
J’ai soif, j’ai faim et ma rage est insensée
Pendant ce temps le lac immobile refléte le vide de l’espace sans le moindre jugement, laissant même un filet d’air le troubler.
J’ai donc pris un chemin qui ne mène nulle part
ce nulle part existe et ne tourne pas en rond
il s’arrête face à ce lac
et face à ce lac qui reflète j’ai longtemps cru savoir ou j’allais
j’en étais même sur :
« hé lac je vais la bas »
mais au fond de moi
je reflétais aussi le vide de l’espace
je me voilais la face face à ce lac qui se taisait
maintenant le ciel hurle sur ma faim mon insatiable faim
jamais je n’égalerai l’infini
je n’en suis qu’un morceau
un infime morceau
je volerai en éclat sous les coups silencieux de Logos et de son évidente logique
pourquoi ne pas emmerder cette logique
pourquoi ne pas faire demi tour et retourner chez ma mère
mon père a quitté la sienne pour m’offrir le bonheur
je l’ai perdu quand j’ai quitté la mienne
quand j’ai mangé le fruit défendu
je l’ai trouvé entre deux cuisses
ces cuisses qui m’offraient non pas le bonheur mais l’amour !

