la mort rode dans la chambre du fond
un combat homérique et silencieux
le vainqueur est déjà connu
l’issue ne fait aucun doute
et le vaincu se voute se crispe
espère
et snobe la mort seconde après seconde
il insulte il condamne et bombe encore le torse
parfois
il dort
son corps a fondu, sa peau s’est ridée,
vieux papier foncé et taches de vin
il aimerait dire
être écouté
important
être important
la famille se rassemble
préviens, accepte
courbe l’échine et pardonne
espère et nettoie
les mots tremblent, son faible
la bouche se tord de douleurs
feintes et réelles
la maisonnée est silencieuse
se réjouit des avancées
oublie le reste
les spécialistes défilent
aident, vendent, soutiennent
Elle patiente
pleure parfois
connais les gestes
préviens les refus
soulève, supporte, donne, offre, nourri, nettoie, dirige
l’homme enfant,
il faudra accepter, elle le sait, mais ne se le dit pas
il faut rester debout
après cela sera encore bien pire
le soleil haut dans le ciel créé une fournaise