C’est le temps des douleurs, mon corps se révolte, il grince, hurle, gémi, je l’ai tellement ignoré que je ne sais comment faire avec lui, involontairement je l’ai martyrisé, humilié et il a tout accepté sans broncher ou quasiment: qq nausées, nez qui coulent ou autres bronches enflammées. Cette époque est révolue: mes talons et mes genoux souffrent du surpoids, ma colonne hurle les positions assise et les kilomètres engloutis, ma tension pointe les fatigues et les stress accumulés … n’ayant pas peur de mourir j’ai cru que tout serait simple, j’aurai du écouter d’avantage Brel » Mourir cela n’est rien, Mourir la belle affaire, Mais vieillir… ô vieillir »
le bonheur et le bien être se jugent non dans l’instant mais dans la durée: jeune, nous ne vieillirons jamais, nous disparaîtrons; en tous les cas, moi fils d’émigrés je n’avais pas plus vieux que mes parents autour de moi, et ils étaient solide, la vieillesse et la douleur m’étaient cachées, elles étaient loin, loin mais les aurai-je vu si j’avais été entourés de mes anciens ?
Donc mon corps me parle, il me parle de mes ancêtres, qui vivaient dans d’autres climats, d’autres paysages, d’autres habitudes, il me dit qu’il existe et que je ne suis pas qu’un esprit : mon cerveau est au sommet d’un équilibre fragile fait de viscère, de muscles, de tendons, de nerf, d’os et de sang, les uns ayant besoin des autres, ce fragile équilibre vivant a été élaboré pendant des millénaires, il possède de grandes facultés d’adaptation et est capable de grande chose, mais il faut en prendre soin.
Pour faire de grandes choses physiques, artistiques ou intellectuelles voir même émotionnelles il faut s’occuper, dans l’ordre, de ses viscères, de ses muscles, et de son esprit : bien manger, bouger, et se cultiver, puis vient le temps d’aimer, réfléchir et construire.
Bien entendu cela vaut pour le commun des mortels, certain à force de volonté pourront faire les choses dans le désordre, et d’autres ne feront rien du tout. il est en tout des exceptions.
La plus part des humains sont identiques: deux jambes, un corps, deux bras, une nuque et une tête mais leurs tailles, leurs formes, leurs couleurs peuvent être différents et je ne parle là que de l’extérieur …
Je me suis éloigné de mon sujet d’origine, sans doute pour l’oublier une fois de plus. Avec le temps les douleurs se font de plus plus présente et puissante, alors je me mets au sport, je ne suis pas naïf cela ne m’empêchera pas de mourir, mais si cela pouvait me faire moins souffrir … et ce ‘est pas si simple car mon corps est endurant certes mais peu habitué à l’effort alors je dois me faire mal pour avoir moins mal …
allons il est temps
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Douleurs
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Souvenir
j’aimerai me souvenir de cet instant crucial, celui ou tout à basculé, ce moment précis, la température et la couleur de l’air de ce rendez-vous, souvent je remonte le temps mais je me perds dans ses méandres, mais je me perds dans ces méandres: des flashes … fugaces, des esquisses, des fragments, il manque toujours au moins une pièce dans ce puzzle. Une chaise posée dans un coin, une légère odeur de fruit mur, des pommes il semble, les souvenirs surgissent du passé par surprise, fugaces esquisses, fragments incomplets. Elargir le champ des possibles, ouvrir son esprit, oublier le présent suffisamment longtemps retrouver l’odeur, la sensation, les sons et les couleurs retrouver ce qui n’a jamais existé, retrouver un état transitoire, à ne pas vivre le présent je perd mon passé.
je suis assis dans un fauteuil confortable, les mimosas parfument, le tic tac d’une horloge, le vent qui emporte les feuilles par la fenêtre et le son d’une radio lointaine, un rayon de soleil réchauffe mon avant bras, comment mettre toute une vie dans une boite crânienne, comment faire tenir le fauteuil sur lequel je suis assis dans mon esprit, des balises il faut des balises, ici maintenant là, mais voilà si on ne peut pas mettre des balises à chaque instant combien peut on en mettre si ce n’est aucune, alors évidement je semble radical, les anniversaires, les enfants, les mariages et les enterrements, tout s’efface, rien n’existe, ton sourire s’efface comme les dessins sur le sable, l’instant est cruel, l’instant est une balle de fusil invisible, l’instant est un refrain qui parfois revient sur une odeur, une sensation qui ne disparait jamais complètement, mais qui reste insaisissable, l’instant c’est ce qui nous manque pour être éternel, l’instant c’est ce fragment celui là -
Serial
je passe ma main sur la nuque, mes cheveux ras font comme une rappe, la télé poison distille en douceur, la nuit est bien avancée, l’hiver aussi. Le sang coule sur l’écran, les doubleurs officient, les héros: une blonde, un noir, un asiatique, une camionneur, un vieux fatigué, un jeune fougueux, etc … le panel sera complet avec une histoire qui poisse, un rebondissement, des profils bien défini genre les intellos et les artistes ne sont pas très bien vu mais pas plus que les originaux en tous genres. Les cadrages sont serré, les héros réfléchissent et représentent la société bienveillante qui veille sur nos déviances, d’ailleurs vous voulez un poulet bien français? un voyage organisé en bateau? un sandwich calorique pré-maché, pre-digéré? une sucrerie chocolatée? mais avez vous pensé à vos canalisations et à changer de banque ? non, alors réfléchissez-y avec une sucrerie! et prenez un préservatif, une douche parfumée vous aidera à vous en servir! et un jus de fruit bien sucré pour vous requinquer … n’oubliez pas de bien gaver vos gosses avec des sucres ils ne réclameront pas de légume et vous pourrez vous payez une nouvelle voiture. Tiens, étrange, de la farine. Vous mangez dégueulasse alors prenez un médicament pour digérer, et un yaourt plein de cochonnerie pour vous faire passer.
mais reprenons le fil de notre histoire bien sordide, notre cerveau c’est bien « détendu » est « décontracté », alors on va nous mettre la tête dans la merde, et nous allons en redemander, régulièrement, volontairement et on va finir par s’en régaler, de la bonne merde, bien puante. La télé nous capte, nous attire, s’installe dans notre vie et, en plus, est jalouse, le monde est calme dehors, plutôt serein même … trop calme, la télé travail notre inconsciemment pour que nous voyons bien que l’extérieur est comme son reflet télévisuel, le moindre geste inattendu, la moindre zone d’ombre, le moindre son attise nos sens aiguisé par notre amante virtuelle, et fragile nous sombrons dans la peur et la crainte.
je suis fatigué, je baille mais je veux savoir, savoir … quel opérateur ? le pire évidement, je suis Roy et je vous pouvez vous faire une soupe en qq secondes et continuer de rêver de votre banque, allez venez chez nous, nous vous empoisonnerons en vous gavant et vous pourrez peut-être y chopper une mycose vaginale. Et puis bien calé dans votre fauteuil nous vous ferons rêvez de voyage que vous ne ferez jamais, mais on vous proposera sans aucun doute de la pub sur notre site. Et maintenant un fromage pas cher pour vos enfants, et une sucrerie helvète, une assurance qui est comme les autres mais comment ne pas le dire? une boite de conserve avec des enfants et des champs bien aligné, vous ne faites pas le ménage ? parfumez votre intérieur et mangez une sucrerie avec votre café, votre machine à laver est pourrie changez de lessive, votre peau est sèche soignez vous. je t’aime vraiment tu sais surtout avec ta voiture. encore cette pâte chocolatée dégueulasse, ouf je m’en suis sorti.
replongeons et le rythme s’emballe cela sent le final. Il sera évidement rassurant, le méchant après nous avoir fait frissonner sera attrapé à cause des traces qui auront été retrouvé par un bon scientifique qui reste dans son labo pendant des heures, un scientifique qui n’a évidemment aucune vie personnelle.
merde fais chier.
une bonne trentaine de pub entre 1h et 2h du matin mais pour qui ?

