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Auteur/autrice : andrea

  • Dieu

    Dieu est mort
    Avalé par le vide, il s’évapore et s’évanoui
    Jouxtant dorénavant la matière infinie, riche et diverse
    Il danse dans le néant
    En mouvements insaisissables et majestueux
    Trous noirs et Nova, Atomes et Planètes
    Se mêlent et s’emmêlent, se brisent et se créent
    La logique mathématique universelle aux anomalies assumées
    Défie les lois et se moque des règles
    Il n’est ni beau ni bon qui ne soit transgressable
    Dieu ne peut mourir mais il ne cesse de se moquer de nous
    Le néant est en nous et nos atomes cellules momentanément domestiqués
    Continueront leurs cours divins, infinis et éternels

  • Douleurs

    C’est le temps des douleurs, mon corps se révolte, il grince, hurle, gémi, je l’ai tellement ignoré que je ne sais comment faire avec lui, involontairement je l’ai martyrisé, humilié et il a tout accepté sans broncher ou quasiment: qq nausées, nez qui coulent ou autres bronches enflammées. Cette époque est révolue: mes talons et mes genoux souffrent du surpoids, ma colonne hurle les positions assise et les kilomètres engloutis, ma tension pointe les fatigues et les stress accumulés … n’ayant pas peur de mourir j’ai cru que tout serait simple, j’aurai du écouter d’avantage Brel  » Mourir cela n’est rien, Mourir la belle affaire, Mais vieillir… ô vieillir »
    le bonheur et le bien être se jugent non dans l’instant mais dans la durée: jeune, nous ne vieillirons jamais, nous disparaîtrons; en tous les cas, moi fils d’émigrés je n’avais pas plus vieux que mes parents autour de moi, et ils étaient solide, la vieillesse et la douleur m’étaient cachées, elles étaient loin, loin mais les aurai-je vu si j’avais été entourés de mes anciens ?
    Donc mon corps me parle, il me parle de mes ancêtres, qui vivaient dans d’autres climats, d’autres paysages, d’autres habitudes, il me dit qu’il existe et que je ne suis pas qu’un esprit : mon cerveau est au sommet d’un équilibre fragile fait de viscère, de muscles, de tendons, de nerf, d’os et de sang, les uns ayant besoin des autres, ce fragile équilibre vivant a été élaboré pendant des millénaires, il possède de grandes facultés d’adaptation et est capable de grande chose, mais il faut en prendre soin.
    Pour faire de grandes choses physiques, artistiques ou intellectuelles voir même émotionnelles il faut s’occuper, dans l’ordre, de ses viscères, de ses muscles, et de son esprit : bien manger, bouger, et se cultiver, puis vient le temps d’aimer, réfléchir et construire.
    Bien entendu cela vaut pour le commun des mortels, certain à force de volonté pourront faire les choses dans le désordre, et d’autres ne feront rien du tout. il est en tout des exceptions.
    La plus part des humains sont identiques: deux jambes, un corps, deux bras, une nuque et une tête mais leurs tailles, leurs formes, leurs couleurs peuvent être différents et je ne parle là que de l’extérieur …
    Je me suis éloigné de mon sujet d’origine, sans doute pour l’oublier une fois de plus. Avec le temps les douleurs se font de plus plus présente et puissante, alors je me mets au sport, je ne suis pas naïf cela ne m’empêchera pas de mourir, mais si cela pouvait me faire moins souffrir … et ce ‘est pas si simple car mon corps est endurant certes mais peu habitué à l’effort alors je dois me faire mal pour avoir moins mal …
    allons il est temps              

  • Souvenir

    j’aimerai me souvenir de cet instant crucial, celui ou tout à basculé, ce moment précis, la température et la couleur de l’air de ce rendez-vous, souvent je remonte le temps mais je me perds dans ses méandres, mais je me perds dans ces méandres: des flashes … fugaces, des esquisses, des fragments, il manque toujours au moins une pièce dans ce puzzle. Une chaise posée dans un coin, une légère odeur de fruit mur, des pommes il semble, les souvenirs surgissent du passé par surprise, fugaces esquisses, fragments incomplets. Elargir le champ des possibles, ouvrir son esprit, oublier le présent suffisamment longtemps retrouver l’odeur, la sensation, les sons et les couleurs retrouver ce qui n’a jamais existé, retrouver un état transitoire, à ne pas vivre le présent je perd mon passé.
    je suis assis dans un fauteuil confortable, les mimosas parfument, le tic tac d’une horloge, le vent qui emporte les feuilles par la fenêtre et le son d’une radio lointaine, un rayon de soleil réchauffe mon avant bras, comment mettre toute une vie dans une boite crânienne, comment faire tenir le fauteuil sur lequel je suis assis dans mon esprit, des balises il faut des balises, ici maintenant là, mais voilà si on ne peut pas mettre des balises à chaque instant combien peut on en mettre si ce n’est aucune, alors évidement je semble radical, les anniversaires, les enfants, les mariages et les enterrements, tout s’efface, rien n’existe, ton sourire s’efface comme les dessins sur le sable, l’instant est cruel, l’instant est une balle de fusil invisible, l’instant est un refrain qui parfois revient sur une odeur, une sensation qui ne disparait jamais complètement, mais qui reste insaisissable, l’instant c’est ce qui nous manque pour être éternel, l’instant c’est ce fragment celui là