13112022
Je vis, dans un corps mort depuis longtemps,
Une vie emplie d’envies inassouvies,
De besoins vitaux, repoussés à la limite.
Oui, j’erre dans une vie vendue,
vendant mon temps, mon corps,
pour un resto, un film, un téléphone.
Je joue à des jeux qui me réconfortent,
me bercent d’illusions, écrasent le temps
inutile, factice, technologique, chimique.
Telles des prostituées trop maquillées,
des vitrines luxuriantes me hèlent,
en reflétant mon teint blafard.
Dans les rues urbaines,
j’erre, pauvre héros, pauvre zéro,
plein de tentations, de frustrations,
maintenu dans un équilibre délicat
par des puissances inconnues,
par des marionnettistes frustrés eux-mêmes,
qui nous transmettent subtilement
leurs haines, leurs frustrations,
leurs peurs aveugles.
Ils nous guident lentement,
mais sûrement, contre un mur lointain :
pour l’instant, ça va,
merci.



