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Catégorie : Textes

Textes

  • En vie

    En vie

    Le génie ne s’est pas abattu sur moi,

    Il ne m’a même pas effleuré.

    Comme les simples, je le suis parfois,

    Et je regarde le monde, apeuré.

    J’ai échappé aux destins grandioses,

    Je me suis fondu dans la masse.

    J’ai parfois cueilli des roses

    Qui m’ont fait des crasses ;

    Elles aussi ont fini par faner,

    Sauf toi, tu es restée magnifique.

    Mais toutes hantent mes regrets

    Avec le parfum d’une basilique.

    ​J’ai hissé tant de voiles,

    Navigué le long des côtes, à poil.

    Le temps est passé, il n’en restera rien.

    ​Qui se souvient des champs de la côte basse ?

    Qui se souvient des chants que le vin arrose ?

    ​Au fond de la nuit, je fus parfois effrayé

    Par les décisions des antiques et vieux rois.

    Mais la révolte ne s’est pas abattue sur moi,

    Elle m’a effleuré, j’ai manifesté.

    Peu de choses ont changé,

    Mais j’ai appris à croire

    Que les grands soirs

    Se font autour d’une table,

    Avec des amis véritables,

    Et que sans amour,

    La vie n’a pas le même goût.

  • On

    On

    Entre l’humain et l’humanité
    Il y a un gouffre
    J’aime ton odeur pas ton parfum
    Tu es je, nous sommes on
    L’un ne va pas sans l’autre
    Cent autres au loin …
    Je touche ta main
    Tu prends mon cœur
    Le gouffre de l’infini
    Je marche, je cours
    Vers toi, je me noie
    Parfois
    Solitude anonyme
    Je tends la main à des fantômes
    Qui passent par hasard, l’esprit hagard
    Perdu devant l’humanité, en larmes, sans désir
    Les vitrines inutiles proposent des rêves
    De plus en plus lointain
    Tu es on

  • Ombres

    Ombres

    Esquisse une arabesque dans l’espace
    Je suis ton corps dans l’ombre
    Méprisant l’appel du sexe
    Tu te réfugies dans une caverne
    Esquisse un abandon
    Tu te relâches, je lâche l’affaire
    Sommes-nous si lâches
    Si désynchronisé
    Cette tension électrique
    Magnétique
    Effrayante
    Existe
    Elle existe
    Elle est là sous tes doigts
    Honteux
    Cette fièvre qui chauffe
    Qui embrase qui humilie