Étiquette : tristesse

  • En vie

    En vie

    Le génie ne s’est pas abattu sur moi,

    Il ne m’a même pas effleuré.

    Comme les simples, je le suis parfois,

    Et je regarde le monde, apeuré.

    J’ai échappé aux destins grandioses,

    Je me suis fondu dans la masse.

    J’ai parfois cueilli des roses

    Qui m’ont fait des crasses ;

    Elles aussi ont fini par faner,

    Sauf toi, tu es restée magnifique.

    Mais toutes hantent mes regrets

    Avec le parfum d’une basilique.

    ​J’ai hissé tant de voiles,

    Navigué le long des côtes, à poil.

    Le temps est passé, il n’en restera rien.

    ​Qui se souvient des champs de la côte basse ?

    Qui se souvient des chants que le vin arrose ?

    ​Au fond de la nuit, je fus parfois effrayé

    Par les décisions des antiques et vieux rois.

    Mais la révolte ne s’est pas abattue sur moi,

    Elle m’a effleuré, j’ai manifesté.

    Peu de choses ont changé,

    Mais j’ai appris à croire

    Que les grands soirs

    Se font autour d’une table,

    Avec des amis véritables,

    Et que sans amour,

    La vie n’a pas le même goût.

  • Chroniques

    Un ciel lourd et gris.

    Les larmes tombent de là.

    La tristesse, comme la pluie, est essentielle.

  • poésie d’avant : Médusé

    poésie d’avant : Médusé

    circa novembre 2022

    je vis dans un corps mort depuis longtemps
    une vie emplie d’envies inassouvies
    de besoin vitaux repoussés à la limite.
    oui, j’erre dans une vie vendue
    vendant mon temps et mon corps
    pour un resto, un film, un téléphone.
    je joue à des jeux qui me réconfortent
    et me bercent d’illusions, écrasent le temps
    inutile, factice, technologique, chimique.
    Telles des prostituées trop maquillées
    des vitrines luxuriantes me hèlent
    en reflétant mon teint blafard.
    Dans les rues urbaines
    j’erre pauvre héro, pauvre zéro,
    plein de tentations, de frustrations
    entretenues dans un équilibre délicat
    par des puissances inconnues,
    par des marionnettistes frustrés eux-mêmes
    qui nous transmettent subtilement
    leurs haines et leurs frustrations
    leurs peurs aveugles.
    ils nous guident lentement
    mais sûrement contre un mur lointain :
    pour l’instant ça va,
    merci