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  • Les milliardaires du CICE n’ont rien à justifier quand les pauvres du RSA doivent justifier un don de 200€ de leur parents …

    Les milliardaires du CICE n’ont rien à justifier quand les pauvres du RSA doivent justifier un don de 200€ de leur parents …

    Gaëlle, agricultrice, préfère renoncer au RSA plutôt qu’à sa santé mentale : « Je ne fais pas l’aumône, je suis juste ce qu’on peut appeler une travailleuse pauvre »

    https://www.mariefrance.fr/actualite/societe/gaelle-agricultrice-prefere-renoncer-plutot-sante-mentale-aumone-appeler-travailleuse-pauvre-1306633.html

    ​Deux poids, deux mesures : le coût exorbitant de la suspicion face à la rente des entreprises

    ​En France, le consentement à l’impôt repose sur l’idée d’un pacte républicain juste. Pourtant, la gestion des deniers publics révèle une profonde asymétrie de traitement selon que l’argent va aux ménages les plus précaires ou aux entreprises.

    ​D’un côté, les bénéficiaires des minima sociaux font l’objet d’un contrôle algorithmique et administratif impitoyable. Pour quelques dizaines d’euros perçus, des citoyens doivent fournir des justifications intimes et administratives démesurées. Le cas de personnes devant justifier auprès de l’administration d’un simple virement familial de 200 € reçu de leurs parents pour boucler un mois difficile illustre l’absurdité et la déshumanisation d’un système qui traite la solidarité familiale comme une infraction dissimulée.

    ​De l’autre côté, les sommes accordées aux entreprises échappent largement à cette rigueur :

    • ​Un montant pharaonique : Entre 2013 et 2018, le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) a représenté un transfert de plus de 100 milliards d’euros de ressources publiques.
    • ​Des créations d’emplois dérisoires : Selon les travaux d’évaluation de France Stratégie (organisme rattaché aux services du Premier ministre), l’impact net du CICE est évalué à seulement 100 000 emplois créés ou sauvegardés.
    • ​Un coût par emploi exorbitant : En rapportant les 18 à 20 milliards d’euros annuels du dispositif à ces 100 000 postes, le coût pour la collectivité s’élève à environ 180 000 à 200 000 euros par an et par emploi.
    • ​Le décalage abyssal avec les salaires réels : Alors que chaque emploi préservé ou créé a coûté jusqu’à 200 000 € par an aux contribuables, les emplois en question — principalement concentrés sur des postes rémunérés entre le SMIC et 2,5 SMIC — représentent une rémunération brute moyenne de seulement 25 000 à 35 000 € par an pour le salarié. En d’autres termes, l’État a dépensé entre 5 et 7 fois le salaire annuel réel du travailleur pour financer chaque poste. La majeure partie de la subvention publique s’est évaporée dans les trésoreries d’entreprises sans bénéficier au pouvoir d’achat des employés.

    ​L’argent de nos impôts distribué sans contrepartie

    ​Il est fondamental de rappeler que ces subventions et crédits d’impôt ne tombent pas du ciel : ce sont directement nos impôts (TVA, impôt sur le revenu) qui financent ces dispositifs. Donner ainsi l’argent du contribuable sans imposer d’objectifs contraignants de résultat produit un effet inverse à celui recherché :

    1. ​La neutralisation de l’effort : Lorsqu’une entreprise reçoit des mannes financières garanties chaque année sous forme d’allègements ou de subventions automatiques, l’incitation à innover, à moderniser l’appareil productif ou à se démener pour conquérir de nouveaux marchés s’affaiblit.
    2. ​L’effet d’aubaine : Au lieu de financer la recherche ou le développement commercial, une grande partie de ces fonds publics a servi à reconstituer les marges financières et à alimenter les dividendes, notamment dans de grands groupes ou des secteurs non soumis à la concurrence internationale.

    ​Chasser le moindre euro chez les allocataires du RSA tout en injectant des dizaines de milliards d’impôts citoyens sans exigence d’innovation ni de résultat chez les acteurs économiques ne relève pas d’une gestion rigoureuse, mais d’un choix politique profondément inégalitaire.

    ​Liens et sources pour aller plus loin

    Ce texte a été créé avec l’aide d’un téléphone, d’une ia et de mon cerveau