Catégorie : Films

*** Films

  • La mesias, la série vue en mars

    La mesias, la série vue en mars

    La mesias

    Épisode 1 Le phénomène du moment s’appelle les Stella Maris, un groupe de sœurs qui chantent des chansons catholiques sur des vidéos complètement hallucinées. Enric bosse sur un film à proximité d’un site d’observation d’extraterrestres, et la vision de ces vidéos le perturbe.

    Épisode 2 Enric essaie de reprendre contact avec sa sœur ; on sent qu’ils sont liés aux Stella Maris. Ce n’est pas facile…

    Épisode 3 La mère est présentée comme folle. Se dessine le rapport de cette drôle de famille. Pour le moment, la série voudrait nous faire croire que quand on veut, on peut, quoi qu’il se passe. Les modèles de famille proposés sont loin d’être idylliques : le père d’Enric est lâche, la famille de Montserrat n’est pas beaucoup mieux – malgré une sœur détestée qui essaie de tenir la barre, sans grand succès. La nouvelle famille de Montserrat avec Pep, malgré la joie qui semble régner, se révèle oppressante et paranoïaque. La famille bourgeoise est ce qu’il y a de plus classique, mais elle se montre intraitable suite à un vol. Bref, la famille…

    Épisode 4 D’échec en échec, la recherche de la famille…

    Épisode 5 Une charge contre l’éducation pas très claire : est-il pour ou contre l’éducation institutionnelle ? Plutôt pour, car elle permet une ouverture au monde et, de ce fait, à soi-même… Plutôt contre, car elle ne se préoccupe pas des différences et abandonne au premier obstacle.

    Épisodes 6 & 7 Pfff… RAS. Enfin terminée, je dirais. Les personnages sont bien troussés, le scénario est original, le rythme est bon. Mais les dérives de la religion et les séquelles d’une éducation m’intéressent, en gros, autant que les déboires de la famille royale anglaise. Les Espagnols ont eu l’humilité de s’arrêter à une seule saison.

  • Le film de la veille : Parthenope

    Le film de la veille : Parthenope

    Parthenope

    je suis complètement passé à coté de ce film.

    Une histoire de petits-bourgeois.

    J’ai juste retenu une chose : cette petite-bourgeoise se fait draguer par le roi des bas-fonds napolitains, qui l’emmène dans des ruelles festives, joyeuses, poétiques parfois. Ils passent devant des appartements insalubres mais pleins d’enfants, des ruelles sombres et « inquiétantes ». Il l’invite à assister à un rite d’union sexuelle impudique, « vulgaire » et voyeuriste entre deux familles de notables du coin. Elle se fait « sauter » par ce roitelet qui la renvoie à sa bourgeoisie de façon radicale : « C’est moi qui te recontacterai. » La blague ! Suite à cette balade, elle en tombe enceinte – le ventre fécond de la ville ? Elle se fait avorter alors qu’à l’époque, c’est interdit.

    Des amours gâchées, la frustration de l’inceste et de l’homosexualité – oui, ensemble ! – qui mènent au suicide. Une attirance de la belle jeune femme pour les vieux (frustration de l’auteur ?), des clopes pour faire « époque », un évêque obsédé sexuel, une machine maléfique qui stoppe le convoi funéraire, un grand intellectuel qui a accouché d’un enfant solaire gigantesque… Bref : un inventaire à la Fellini du pauvre, sans que je n’y voie aucune ambition. De belles images, parfois…

  • Le film de la veille : Black Dog

    Le film de la veille : Black Dog

    Black Dog

    Pas grand-chose à dire : une belle histoire. Guan Hu maîtrise le sujet.

    Je crois que, de nos jours, le cinéma est plus souvent un objet industriel de communication qu’un objet réellement artistique. Il faudra d’ailleurs que je vérifie la définition d’« art ». Un film nous révèle des choses, et souvent pas celles que l’on voit au premier regard. Les cinéastes actuels, pour la plupart, ont fait des écoles. Ils ont appris le côté technique – cadrage, étalonnage, etc. –, mais aussi le rythme et la communication. Sur un tournage, il y a plein de métiers différents qui interviennent tous dans une certaine mesure et influencent le produit fini. Si Hollywood et les productions américaines sont de formidables machines de diffusion de l’« American way of life », je doute que des dictatures comme la Russie, l’Inde et la Chine, dans le cas présent, soient ignorantes des outils de propagande. Et ce film, fait avec l’autorisation des autorités chinoises, ne peut que servir la propagande chinoise. Mais cela doit être fait avec subtilité et finesse ; d’ailleurs, le film est tourné dans des décors très « western »…

    Le film nous montre donc une ville chinoise, Chixia, quasi abandonnée, mais qui va vite être reconstruite avec l’assentiment général de la population. Fin d’une époque, début d’une nouvelle. Le héros est un repris de justice, mais il est facilement accepté par l’ensemble de la population. Peu de femmes dans cette ville : je n’ai vu qu’une infirmière, deux enfants et une grand-mère. Les autres sont des saltimbanques de passage, aux mœurs étranges pour ne pas dire dissolues, mais joyeuses.

    Guan Hu nous décrit un Lang taiseux, amoureux de The Wall de Pink Floyd, ancien héros saltimbanque déchu pour un meurtre, de retour chez lui. Son rapport à la famille, à l’amour et aux animaux est traité ainsi :

    • Le père : Il est présent, mais isolé, malade, alcoolique. Il est fidèle à son ancien travail, surtout pour les animaux, notamment un magnifique tigre du Bengale à qui il donne de la bouillie. Il est présenté comme incapable de se rééduquer. Il a mis une petite fortune de côté pour Lang. Lang ne semble pas avoir de mère, juste une grande sœur, bavarde et plaintive. Il se préoccupe presque plus de son voisin que de son propre père.
    • L’amour : Lang plaît aux femmes du cirque, et surtout à une, Raisin, sans que nous sachions s’il est intéressé et s’il cède. Mais cela le mène à une ivresse qui manque de le tuer en l’envoyant dans un précipice. Il ne meurt pas, mais son lévrier noir s’enfuit et est victime d’un accident qui finira par le tuer. Lang sera capturé au bord de la falaise par ses ennemis qui le soumettront. Bref, l’amour ne semble pas être la tasse de thé du réalisateur, ou alors un thé très amer. Cela dit, très rapidement, il semble aimer les animaux.
    • Les animaux : Notamment les chiens, ils sont présentés comme gentils mais envahissants et, de ce fait, pourchassés par des profiteurs qui n’hésitent pas à escroquer la population en leur faisant payer très cher une taxe sur les animaux domestiques. Ces chiens sont poursuivis, maltraités et emprisonnés. Ils sont enfermés comme les animaux du zoo qui seront libérés lors de l’éclipse, un événement annoncé par la radio tout au long du film et qui occasionne un rassemblement en dehors de la ville. Guan Hu aime les animaux : il filme le chien de Lang chassant un lièvre et le ramenant vivant, ce même lièvre qui est ensuite offert au tigre du Bengale avec lequel il joue. Ces scènes m’ont laissé perplexe, mais le réalisateur s’est fait plaisir en filmant magnifiquement ses animaux sauvages errant dans la ville abandonnée.

    Une Chine entre deux époques qui n’a pas grand-chose à dire, si ce n’est qu’elle se bat pour se reconstruire malgré « les chiens » (nous ?). Une Chine quasiment sans femmes où chacun est à sa place, si petite soit-elle, avec des gens de talent, heureux et soumis.